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La force des liens par la classe et le village d'origine

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Carte-photo de J. Lançon Photographe à Chambéry

Cette carte représente les soldats de corvée de la 7e compagnie du 97e Régiment d'Infanterie à Chambéry... Covée de pluches, balayage, nettoyage...

 

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Correspondance au verso du document :

Chambéry le 24 Novembre 1910

Chers amice

Je tecrie deux mots pour savoie de tes nouvelles et en memes temps pour temps donner des miennes je te dirait que je suis bien abituer aux métier et on comence a trouver la gamelle bonne les permier jours on ne pouvait pas manger mait a present on mange bien et on trouve la bidoche bonne.

Chers amice je pense que tu ne te fais pas de bile à Saint-Bonnet et que tu doit toujours passer belles vie tu doit avoir recu des nouvelles de Louis Blachon est tu aurat la bonté de me donner son adresse ainsi que celles de Victor Ageron son adresse ainsi que celles de Jules Rigaudin je pense que tu les a toutes est ci tu les a tu me les ferat passer ci tu vois Amédé Boudillon dimanche tu lui donnerat le bonjour pour moi ainsi qu'at Elie Darnaud

En attendant le plaisir de nous voir recoit chers Copain les Amitiés de ton conscrit qui te serre la main tu me dirat les nouvelles du pays

voici mon adresse Trouillet Felix soldat aux 97me regimet d'infanterie 7n Compagnie Savoy Chambéry

 Félix Henri TROUILLET, était né le 24 août 1889 à Dionay, canton de Saint-Marcellin (Isère). Il était garçon menuisier. Il a été incorporé au 97e Régiment d'Infanterie à compter du 1er octobre 1910. Nommé soldat de 1re classe le 25 septembre 1912. Réformé, exemptéà plusieurs reprises, il ne participera pas à la Grande-Guerre et décèdera le 23 févier 1918 à La Tronche (Isère). En 1913, il demeurait à Chatelus (Isère).

 Louis Ferdinand BLACHON, son ami, classard, était né le 25 février 1889 à Saint-Bonnet-de-Chavagne, canton de Saint-Marcellin (Isère). Cultivateur. Matricule 156 au recrutement de Bourgoin. Effectuait alors son service militaire au 11e Régiment de Chasseurs à Cheval.

 Xavier Victor AGERON, son ami, classard, était né le 3 décembre 1889, à Chasse, canton de Saint-Marcellin (Isère). Il était cultivateur à Saint-Bonnet-de-Chavagne. Matricule 235 au recrutement de Bourgoin. Effectuait alors son service militaire au 1er Régiment d'Artillerie de Montagne à Grenoble.

 Jules Régis RIGAUDIN, son ami, classard, était né le 3 juin 1889, à Saint-Bonnet-de-Chavagne. Matricule 184 au recrutement de Bourgoin. Effectuait alors son service militaire au 140e Régiment d'Infanterie à Grenoble

Bonne année 2016 - souvenir 1916

EDELWEISS (Naturel) Porte-Bonheur GLOIRE AUX SOLDATS FRANÇAIS !

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EDELWEISS (Naturel) Porte-Bonheur

GLOIRE AUX SOLDATS FRANÇAIS !

A ma petite Léonie, cette petite fleur.

Hauts-de-Meuse, ce 7-2-16

 

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Le 7-2-16

De loin, le petit père à petite Léonie lui envoie ses meilleures caresses accompagnées de bons baisers paternels en même temps que ce bon souvenir.

Avant de m'endormir, mes meilleures pensées s'envolent vers elle et sa petite maman. En attendant l'heureux jour où nous trouverons réunis tous pour ne plus ne plus nous quitter, recevez tout deux, petite Léonie et sa maman les meilleurs baisers de celui qui ne vit que pour vous deux et attend de vous son futur bonheur.

Bonsoir et bonne nuit petite Léonie aimée.

Bonne nuit et bon soir tite mémère.

Charles

Ecole de tir de La Valbonne (Ain) - Lieutenants de Chasseurs

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Quatorze lieutenants de chasseurs à pied encadrent deux capitaines instructeurs de l'école de tir de La Valbonne (Ain).

Il s'agit probablement du centre de formation des mitrailleurs.

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Ces lieutenants en stage appartiennent aux 1er, 2e, 4e, 5e, 9e, 10e, 15e, 17e, 18e, 20e, 29e, 

L'expéditeur est un des lieutenants et se nomme Alcide Chervon [ou Cherron], il est mélomane et regrette son violoncelle.

Le capitaine Joseph Jean Louis REGNAULT DE LA MOTHE

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Regnault de la Mothe Joseph Jean Louis, est néà Saint-Amand (Cher), le 28 mai 1875. Entréà l’Ecole militaire de Saint-Cyr, en1895, il en sort en 1897, et est affecté, comme sous-lieutenant au 92e régiment d’infanterie, en garnison à Clermont-Ferrand.

Pendant son séjour dans ce régiment, il fait de nombreux stages dans différentes armes : au train des équipages, au génie, à l’artillerie, à l’école de Joinville et passe une année en Tunisie avec son bataillon. Après la guerre russo-japonaise, il va, sur sa demande, faire un voyage d’études au Japon ; passant par les Indes et revenant ensuite par l’Amérique, il recueille, dans tous ces pays, les plus utiles observations. Les réflexions qu’il inscrit dans son journal de voyage laissent aucun doute sur une guerre entre l’Angleterre et l’Allemagne, par suite de rivalité commerciale.

Nommé en 1912, capitaine au 28e bataillon de chasseurs alpins, il s’y fait remarquer par son activité et notamment, peu de semaines avant la guerre, en traversant, de nuit, avec un détachement, le glacier du Mont-de-Lans, particulièrement dangereux.

D’une énergie à toute épreuve, sévère mais juste, il ne cesse de se préoccuper du sort de ses hommes qui l’adorent et sont décidés à le suivre partout où il voudra les mener, ainsi qu’en témoignent des lettres écrites par eux.

Lorsqu’éclate la guerre de 1914, il est envoyé avec son bataillon, à l’armée des Vosges, où il a laissé sa trace en se signalant par de nombreuses actions d’éclat, au Violu, au Col-du-Bonhomme, à la Tête-de-Faux, et d’autres. A la suite de cette dernière affaire, l est proposé pour la Légion d’honneur ; dans les notes données par le général Sarrade, on trouve ces phrases : « Le capitaine Regnault est le type idéal du soldat vaillant au feu. Il fascine sa troupe ; avec lui, il n’est rien qu’on ne puisse tenter…. Le capitaine Regnault est un héros. La guerre l’a sacré entraineur d’hommes. L’intérêt du pays exige qu’un champ d’action plus vaste lui soit donné pour l’honneur de ses armes ».

Il est nommé chevalier de la Légion d’honneur avec les motifs suivants (Journal officiel du 27 janvier 1915) :

« M. Regnault (J.-L.) capitaine au 28e bataillon de chasseurs : Officier d’une bravoure rare, tacticien habile et heureux, donne les plus beaux exemples d’héroïsme depuis le début de la campagne et accomplit avec succès les missions les plus difficiles et les plus périlleuses »

Tombé glorieusement le 17 avril 1915 au combat de Schnefenrieth (Alsace), il a été l’objet de cette citation inscrite au Journal Officiel du 12 juin 1915 :

« Officier d’une bravoure hors d’éloges, qui s’est dépensé sans compter depuis le début de la campagne ; chargé de nombreuses missions délicates, s’en est toujours acquitté dans la perfection ; le 17 avril, en entraînant dans un élan admirable, deux compagnies à l’assaut d’une position extrêmement fortifiée, a été mortellement frappéà bout portant en arrivant sur les tranchées ennemies ».

Pour rendre hommage aux mérites du capitzaine Régnault et perpétuer sa mémoire, l’administration militaire a décidé de donner à la cote 1025, le nom de « camp Regnault » et d’y placer une plaque commémorative devant la               quelle le 23 septembre 1915, le commandant Coquet a prononcé une allocution patriotique, dont les passages suivants rappellent la carrière du brillant officier :

« Officiers, sous-officiers, caporaux et chasseurs représentants des différents unités du 28e et de la 1ère compagnie, c’est à vous plus particulièrement que je m’adresse.

« Aujourd’hui est l’anniversaire du combat de Sidi-Brahim, la fête traditionnelle des chasseurs à pied. Conformément aux instructions du général commandant la VIIe armée, le lieutenant-colonel commandant la 6e brigade de chasseurs ayant prescrit une prise d’armes des unités disponibles, j’ai pensé que c’était là pour nous une occasion unique de venir rendre les honneurs à ce modeste monument ici placé en mémoire d’un des plus braves et plus brillants officiers du 28e bataillon, le capitaine Regnault, commandant la 1re compagnie, tombé glorieusement le 17 avril 1915……………………

« C’est au capitaine Regnault qu’ira notre première pensée et vous me permettrez de vous retracer brièvement sa belle et trop courte carrière.

« Dès sa sortie de l’Ecole militaire de Saint-Cyr, Régnault était not »é comme un officier d’élite, attaché passionnément à son métier. Il consacrait les loisirs que lui laissait l’instruction de ses hommes au perfectionnement de son instruction militaire personnelle par des stages dans diverses armes, par un voyage d’études au Japon.

« La mobilisation le trouve à la tête de la 1re compagnie du 28e bataillon, et c’est à partir de ce moment qu’il donne sa véritable mesure. Après avoir brillamment commandé sa compagnie dans les premiers combats d’Alsace, il est chargé successivement de plusieurs missions délicates dont il s’acquitte toujours remarquablement. En septembre, il organise et défend les secteurs de Lutschbach et du Lac Blanc. Les 31 octobre et 1er novembre, à la tête de trois compagnies, il enlève les cols et les hauteurs de la Cude, qu’il organise et défend contre de violentes contre-attaques de l’ennemi. Puis le 2 décembre, commandant un détachement de quatre compagnies (deux au 28e et deux au 30e bataillon) il attaque et prend la Tête des Faux, s’y maintient malgré les efforts désespérés tentés par les Allemands pour reprendre cette importante position et malgré les difficultés de toutes sortes.

« Le 25 décembre, avec deux compagnies (1re et 3e), il couvre le flanc gauche du bataillon en occupant le Silberloch et l’Hartmannswillerkopf……………………….

« Après avoir organisé un secteur de la Lauch il participa, par des reconnaissances personnelles et par des travaux exécutés par sa compagnie, à la préparation de l’attaque du Schnepfenried. Et c’est là enfin que, le 17 avril, en plein succès, en abordant la tranchée ennemie en tête de ses hommes, en mettant le pied sur ce sommet d’où il peut apercevoir la riche vallée de Munster, il tombe frappé d’une balle, laissant au 28e, d’universels regrets.

« Chasseurs du 28e, chasseurs de la 1re compagnie, aux heures dangereuses et pénibles qui nous attendent encore, souvenez-vous des héros de Sidi-Brahim, souvenez-vous du capitaine Regnault, de tous vos braves camarades tombés au champ d’honneur et vous trouverez certainement la force de suivre leur exemple, de braver tous les dangers et de supporter toutes les souffrances ».

La dépouille du capitaine Regnault de la Mothe a été inhumée dans le cimetière de Kruth (Alsace), d’où sa famille espère pouvoir le ramener, un jour, dans son pays natal.

Le capitaine Claude Marie FURTIN - 99e régiment d'infanterie

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capitaine Claude Marie Furtin_photo

 

Claude Marie Furtin était néà Saint-Julien-de-Civry, arrondissement de Charolles (Saône-et-Loire), le 26 octobre 1871. Sorti de Saint-Cyr (promotion du Siam), Claude Marie Furtin passa six années au 99e régiment d’infanterie, comme sous-lieutenant et lieutenant, avant son départ pour l’Afrique, en 1900. Il passa ensuite onze années à la légion étrangère soit au 1er, soit au 2e, comme lieutenant et capitaine.

Il prit part à la colonne de Gourrara en 1900 – à l’affaire de Timimoun. À la défense de Taghit, il se montra un chef intrépide, il obtint alors une citation à l’ordre du corps d’armée et une proposition spéciale. Le capitaine Furtin travailla à organiser les territoires du Sud Algérien-Marocain. Il prit part aux colonnes formées pour opérer dans l’Amalat d’Oujda, colonnes du Tamlet, colonne et affaire d’Anoual, à la prise de Kebdou, à la colonne de Taourit (1910).

Pendant les deux séjours que le capitaine Furtin fit au Tonkin, il fut détaché dans les postes de Na-Cham, Lao-Kay, en 1900. En 1905, il fut affecté au poste de Phu-Doan, avant de prendre le commandement du poste de Tuyen-Quang, où il se montra le vrai soldat colonisateur et organisateur.

À la tête de la 6e compagnie montée, le capitaine Furtin commandait le poste de Forthassa-Garbia (région des confins Algéro-Marocains) quand il rentra en France en 1911, dans son ancien régiment, le 99e. Il avait à son actif 19 campagnes qui lui constituaient de très beaux états de service.

Au début de la guerre actuelle, le 99e partit pour les Vosges. Après 15 jours de luttes acharnées, le capitaine Furtin é&tait mis à la tête d’un bataillon. Au milieu de septembre le régiment se rendit dans la Somme. Le lendemain de l’arrivée du 99e, le capitaine Furtin était mortellement blesséà l’attaque de Lihons-Herleville. Transportéà l’hospice d’Harbonnières, il y décédait le 28 septembre.

Le capitaine Furtin était profondément estimé de ses supérieurs, n’avait que des amis parmi ses collègues et était adoré de ses soldats.

Il avait été l’objet d’une distinction mutualiste (médaille d’argent) : le rapport par lequel un officier supérieur avait demandé cette distinction pour lui, notait le capitaine Furtin comme un officier de la plus haute valeur, qui s’est fait remarquer par des travaux d’étude très sérieux. À la Légion, ses causeries ont contribuéà développer l’instruction de ses légionnaires. Avec des ressources presque nulles, il était arrivéà constituer une bibliothèque fort importante.

Enfin, le capitaine Furtin, a fait des efforts continuels pour augmenter la valeur morale des hommes qui lui étaient confiés, leur donner goût de l’épargne et rendre plus parfaite leur solidarité.

Au point de vue militaire, ses supérieurs disaient de lui qu’il était un vrai conducteur d’hommes.

Chevalier de la Légion d’honneur, titulaire des Médailles coloniales du Sahara, de la Chine et du Maroc, le capitaine Furtin avait été citéà l’ordre du 19e corps d’armée pour la part active qu’il prit à la défense de Taghit, les 17 et 30 août 1903. Il a été citéà l’Ordre de l’armée le 15 juillet 1915 avec la mention suivante :

« Officier de grande valeur qui, à la tête de sa compagnie, puis de son bataillon, a toujours montré un entrain et une compétence qui lui avaient acquis la confiance absolue de tous ses subordonnés. A été mortellement blessé le 25 septembre 1914, au cours d’une attaque, en entraînant son bataillon à l’assaut ».

Il a été décoré de la croix de guerre avec palme.

Fiche matricule du capitaine Furtin : https://www.archives71.fr/arkotheque/visionneuse/visionneuse.php?arko=YTo2OntzOjQ6ImRhdGUiO3M6MTA6IjIwMjAtMTAtMDUiO3M6MTA6InR5cGVfZm9uZHMiO3M6MTE6ImFya29fc2VyaWVsIjtzOjQ6InJlZjEiO2k6MTg7czo0OiJyZWYyIjtpOjM5NjAzNjtzOjE2OiJ2aXNpb25uZXVzZV9odG1sIjtiOjE7czoyMToidmlzaW9ubmV1c2VfaHRtbF9tb2RlIjtzOjQ6InByb2QiO30=#uielem_move=0%2C0&uielem_islocked=0&uielem_zoom=46&uielem_brightness=0&uielem_contrast=0&uielem_isinverted=0&uielem_rotate=F

Le Grand Rabbin Abraham Bloch

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La figure du Grand Rabbin Abraham Bloch se détache grande et généreuse. Sa vie et sa mort n’ont été qu’un acte de charité. Il s’impose à notre admiration ; c’est le juste qui passe en faisant le bien, c’est le héros qui, jusqu’à son dernier souffle, représente ce qu’il y a de plus haut dans l’humanité.

Issu d’une famille où la science, la piétééclairée et la bontéétaient de tradition, Abraham Bloch, qui naquit à Paris, le 7 novembre 1859, en fut le digne continuateur.

Quand il entra au séminaire, il ne prétendit d’autres titres à la bienveillance de ses supérieurs qu’un grand amour et un respect profond de l’état qu’il voulait embrasser. Peu de temps suffit à révéler ce que sa modestie ne voulait pas voir ; il était l’apôtre par excellence, avec tout ce que ce titre évoque de douceur, de bonté, d’indulgence, de piété et de profond savoir. Ainsi, dès ses premières années d’apostolat, ceux qui l’entouraient, l’admiraient en lui l’étendue de son intelligence, sa puissance de travail, la précocité de son expérience, la droiture de son jugement, l’inflexibilité de sa conduite.

Nommé Rabbin de Remiremont, en 1884, et Grand Rabbin d’Alger en 1897, sa volonté de faire le bien, de réprimer les abus, lui vaudront la sympathie et l’estime, même de ses ennemis et de ses contradicteurs.

À Alger, il arrivait à l’heure troublée de la crise antisémite. Pendant ces journées de surexcitations politiques, il fut admirable de courage, de fermeté et de modération, et certes, la situation était singulièrement critique.

Le poste de chef de la communauté d’Alger était un poste d’honneur. Abraham Bloch s’en montra digne, sans une défaillance. Il ne fut déconcerté ni par l’outrage, ni par la calomnie ; il défendit les libertés de ses ouailles avec patience et justice. C’est par là qu’il s’attira cette forte estime non seulement de ses coreligionnaires, mais surtout de ceux qui aiment la véritable Algérie, celle qui poursuit un labeur patriotique et fécond, celle pour laquelle les hommes de bonne volonté unissent leurs efforts pour la dégager des luttes et des passions locales.

Lorsqu’en 1908, Abraham Bloch quitta la colonie à laquelle il devait garder un attachement si profond et où il laissait d’inoubliables souvenirs, il emportait la joie d’avoir vu se faire l’apaisement, il laissait ses coreligionnaires entourés de liberté et il avait conscience d’avoir contribué grandement à cet heureux résultat.

La communauté de Lyon où M. Bloch était appelé, l’avait choisi pour succéder à M. Alfred Lévy, devenu Grand Rabbin de France, « moins – dit un professeur de l’Université, tombé lui aussi au champ de bataille – pour l’éclat réel de sa parole, que pour le doux rayonnement d’une vie si pure et si religieuse ».

Quand fut décrétée la mobilisation, le Grand Rabbin de Lyon fut avisé, par l’autorité militaire, d’avoir à désigner un aumônier destinéà suivre le 14e corps d’armée. Abraham Bloch s’offrit spontanément. Il ne voulut se souvenir ni de son âge – il avait 55 ans –, ni que sa santéétait affaiblie par les luttes du passé et par son long séjour dans l’Afrique du Nord. Il voulut servir sa Patrie : son amour passionné pour la France, lui donna une énergie nouvelle, et ayant réclamé l’honneur d’accompagner nos soldats, il prit part à toutes les marches, allant après les combats, aider à ramasser les blessés, les consolant, aidant à les transporter aux voitures d’ambulances, se dépensant sans cesse et pour tous. Ce fut dans l’exercice de ce glorieux ministère que la mort vint le frapper.

Le Père Jamin, aumônier catholique du 14e corps, raconte en ces termes la tragique journée du 29 août, pendant laquelle un obus devait frapper à Taintrux (arrondissement de Saint-Dié) le prêtre admirable.

« – Voici quelques détails sur la mort de M. Bloch, dont nous déplorons la perte : c’est un obus qui lui a enlevé la cuisse et l’a laissé inanimé sur la route, près du hameau, où il venait d’aider à relever de pauvres blessés. Il a survécu un quart d’heure mais, croit-on, sans connaissance et n’a dit qu’une parole : « J’ai soif ». Avant de quitter le hameau, un blessé le prenant pour un prêtre catholique lui a demandéà baiser un crucifix. M. Bloch a trouvé le crucifix demandé et l’a fait baiser à ce blessé. C’est après avoir accompli cet acte de charité qu’il est sorti du hameau, accompagnant un autre blessé jusqu’à la voiture la plus proche. L’obus l’a atteint à quelques mètres de la voiture où le blessé venait de monter. »

Et, un brancardier, l’abbé Dubodel, ajoute, sur cette journée de Taintrux, ces autres détails qui prouvent le rôle courageux de M. Bloch.

« – Le samedi, 29 août, le corps de brancardiers de la 58e Division de réserve, au complet, s’avance muni de ses brouettes-brancards, entre les villages de Taintrux et Saulcy, au beau centre, kil faut le dire, d’une vive canonnade. Il recueille dans une ferme à mi-chemin des deux villages, environ 150 blessés, dont une quarantaine d’ennemis. Un bataillon d’alpins, allant prendre la position de combat se défile sur la route qui commande la ferme. Une batterie allemande repère ce bataillon et dirige sur lui le feu de ses canons. Le bataillon s’évanouit dans un bois voisin, ne laissant sur la route qu’un seul blessé, aussitôt cueilli par les brancardiers. C’est alors que la batterie tourne son feu sur la ferme aux blessés et, en dépit des Croix Rouges, l’inonde d’obus deux heures durant, y met le feu aux quatre coins, et cesse alors sa canonnade. Les blessés sont tirés par une porte dérobée, mais il reste à tous 3 kilomètres à faire, sur route découverte, pour atteindre le poste de secours. Alors recommence le feu plus violent que jamais, couchant à terre, blessés, brancardiers, voitures d’ambulance. À l’arrivée au poste de secours, on se compte : 8 brancardiers sont tués ou blessés, 6 disparus, 1 aumônier militaire blessé, le Rabbin tué. »

Cette mort héroïque autant que charitable laisse Abraham Bloch semblable à lui-même. Patriote ardent, penseur croyant et libéral, il tombe en vrai fils de France, rehaussant par sa mort l’honneur de la Patrie, mais il tomber aussi en serviteur du Dieu qu’il vénère et qui est un Dieu de miséricorde.

Religion et Patrie ; c’était la devise de sa vie, c’était celle qu’il avait gravée au seuil du Temple où il enseignait les paroles de vérité. Il y a été fidèle.

L. d’AIGENEST.

 Pour en savoir plus, le blog de son arrière petit-fils, Paul NETTER : http://abrahambloch1914.blogspot.com/

Capitaine Louis Joseph René Lanes du 90e régiment d'infanterie

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Louis-Joseph-René Lanes, capitaine au 90e régiment de ligne, victime glorieuse de la campagne de 1914, était néà Mende (Lozère), le 11 février 1877. Dispensé du service militaire comme ayant un frère sous les drapeaux, il avait renoncéà sa dispense et contracté un engagement au 9e d’infanterie, le 14 novembre 1898, à sa sortie du Prytanée de La Flèche. Il entra à Saint-Maixent le 15 avril 1903. Sous-lieutenant au 114e d’infanterie le 1er avril 1904 et affecté au 63e le 9 février 1905, il passait en qualité de lieutenant (1er avril 1906) au 90e de ligne le 24 octobre 1911.

Parti dès le début de la guerre avec son régiment détachéà l’Etat-major de la 33e brigade, le lieutenant Lanes passa capitaine à titre temporaire, pour avoir sauvé, avant l’arrivée des Allemands une centaine de blessés français. Promu chef de bataillon au corps d’armée, après les combats du 9 au 12 novembre, cette promotion ne fut pas maintenue à l’armée ; sa nomination de capitaine n’ayant pas encore été faite à titre définitif, il exerça néanmoins le commandement de son bataillon jusqu’au jour où il trouva une mort glorieuse près d’Ypres (Belgique). Cet officier a été tué par une balle à son poste de commandement, au moment où il était occupéàétablir son rapport journalier.

Le capitaine Lanes avait été cité pour sa belle conduite à l’Ordre de l’Armée (Journal officiel du 13 décembre 1914) dans les termes suivants :

« Dans plusieurs circonstances critiques du 6 au 12 novembre a fait preuve de la plus grande énergie et de la plus grande bravoure en prenant hardiment l’offensive, notamment dans une attaque de nuit qui a arrêté les progrès de l’ennemi ».

Le vaillant disparu a été inhumé au cimetière de Saint-Jean, situé au nord d’Ypres. À ses funérailles auxquelles assistait le général commandant la brigade, un discours d’adieu fut prononcé par le chef de bataillon Alquier, commandant le 90e d’infanterie.

« Comme déjà tant d’autres, le capitaine Lanes vient d’avoir la mort glorieuse du champ de bataille. Issu d’une famille de soldats, il ne pouvait désirer une fin plus noble et plus enviable.

« Pendant la paix, le lieutenant Lanes fut le modèle des officiers modestes et consciencieux, la guerre seule, pouvait faire valoir et apprécier ce qu’il avait en lui de cœur, d’énergie, de courage et de caractère. Détachéà la 33e brigade au début de la campagne, ses qualités furent si rapidement appréciées par ses chefs hiérarchiques, qu’il était nommé capitaine le 6 septembre.

« Remis à la disposition de son corps, son attitude au feu fut si remarquable qu’il était en même temps citéà l’ordre de l’armée, proposé pour la croix et le grade supérieur.

« Sa nomination de chef de bataillon qu’il avait si brillamment conquise ne fut pas maintenue parce qu’il n’était pas encore capitaine à titre définitif.

« La carrière du capitaine Lanes s’annonçait donc glorieuse, lorsqu’une balle perdue est venue le frapper à son poste de commandement.

« Adieu, mon cher camarade, puisse la douleur du sacrifice que la famille fait à la patrie être atténuée par la consolation d’apprendre que nous t’entourons en ce moment de notre chaude affection.

Que Dieu ait en paix ton âme immortelle ! »

Le capitaine Lanes appartenait en effet à une famille de soldats. Son grand-père avait été retraité comme capitaine. Son grand-oncle, le capitaine Pourrilhon, engagé en 1800, capitaine en 1813, retraité en 1835, chevalier de la Légion d’honneur et de Saint-Louis, a fait campagne en Espagne de 1808 à 1814 et a été citéà la prise d’Alger en 1830. Son père, l’intendant général Julien Lanes, mort en activité de service avait fait ses études au Prytanée de La Flèche et en était sorti en 1863, l’année de la promotion de Puebla dont faisait partie le roi Pierre de Serbie. Sous-lieutenant à dix-neuf ans, au 3e zouaves, il fit la campagne de 1870 dans l’armée de l’Est, comme capitaine au 4e zouaves de marche. Les trois oncles de l’héroïque disparu, feu le Sous-Intendant Marc Lanes, officier de la Légion d’honneur, Henri Lanes, chef de bataillon, chevalier de la Légion d’honneur, décédé en captivité, Louis Lanes, général de division, passé dans le cadre de la réserve é »tant commandant du 2e corps d’armée, grand-officier de la Légion d’honneur, décédé en 1912, ont fait également la campagne de 1870.

Un frère du capitaine Louis-J.-R. Lanes, le lieutenant de vaisseau Victor Lanes, chevalier de la Légion d’honneur, a été tuéà Dixmude (Belgique), à la tête des fusiliers marins. Son autre frère, capitaine au 21e chasseurs, est actuellement sur le front. Son beau-père, le Commandant Bussière, après avoir pris part pendant cinq mois aux opérations en qualité de chef de bataillon du 110e territorial, a étéévacué pour cause de fatigue générale. Il avait été retraité comme chef de bataillon en 1908.

Le capitaine Lanes, comme tous les fils militaires des anciens camarades de promotion du roi Pierre de Serbie, avait reçu le 5 janvier 1912, une décoration serbe commémorative de cette promotion.

La mort au champ d’honneur du capitaine Lanes est une perte cruelle pour l’Armée qu’elle prive d’un chef énergique, brave et valeureux. Héritier et continuateur des traditions de vaillance d’une famille d’une où abondent les patriotiques exemples, soldat lui-même dans toute la belle et forte acception du terme, il a couronné et glorifié ce noble passé, par le sacrifice de son existence, holocauste magnifique offert sur l’autel de la Patrie pour la sauvegarde des droits et des libertés et pour le triomphe de notre mère immortelle. N’est-elle pas en effet promise à d’impérissables et merveilleux destins une telle Patrie, dont l’amour absorbant et confondant tous les autres amours, suscite, aux heures de l’épreuve tragique, les grandioses dévouements, les sublimes sacrifices ! La France, terre de beauté, de valeur et d’héroïsme est aussi la terre de l‘immortalité.

G. BAILLY-ROLLET

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À Amiens, Victorine Autier, infirmière de la guerre Franco-prussienne 1870-71

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Victorine Autier_buste - Copie

Guerre de 1870-71 au musée de Picardie à Amiens

Buste de Victorine Autier (1840-1874) réalisé par Ernest RANCOULET (Sorèze, 1842 – Bordeaux, 1905). Le socle porte l’inscription « Don des blessés soignés par elle »

Plâtre patiné bronze, don du Dr Autier, 1876

Ce buste célèbre une personnalité amiénoise érigée au rang de modèle. Lors des batailles de la guerre Franco-prussienne de 1870-1871 qui se déroulèrent à Amiens et aux alentours, l’infirmière Victorine Autier fit preuve, aux côtés de son père médecin et de ses deux frères, d’un dévouement remarquable en soignant les soldats français et prussiens. Le buste est orné des médailles qu’elle reçut à titre posthume ainsi que du brassard de la Croix-Rouge qu’elle portait en 1870 ; le pendentif orné d’une croix est quant à lui symbole de sa foi chrétienne et de ses convictions humanitaires. Cette effigie a été offerte au musée par son père, le docteur Victor Autier (1811-1876), estimé médecin des pauvres s’étant également illustré lors des épidémies de choléra ayant frappé la ville d’Amiens en 1866. L’image de Victorine Autier reste aujourd’hui hautement symbolique : elle fut choisie pour orner la médaille Citoyenne de la ville d’Amiens créée en 2003.

 

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