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Le capitaine Joseph Jean Louis REGNAULT DE LA MOTHE

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Regnault de la Mothe Joseph Jean Louis, est néà Saint-Amand (Cher), le 28 mai 1875. Entréà l’Ecole militaire de Saint-Cyr, en1895, il en sort en 1897, et est affecté, comme sous-lieutenant au 92e régiment d’infanterie, en garnison à Clermont-Ferrand.

Pendant son séjour dans ce régiment, il fait de nombreux stages dans différentes armes : au train des équipages, au génie, à l’artillerie, à l’école de Joinville et passe une année en Tunisie avec son bataillon. Après la guerre russo-japonaise, il va, sur sa demande, faire un voyage d’études au Japon ; passant par les Indes et revenant ensuite par l’Amérique, il recueille, dans tous ces pays, les plus utiles observations. Les réflexions qu’il inscrit dans son journal de voyage laissent aucun doute sur une guerre entre l’Angleterre et l’Allemagne, par suite de rivalité commerciale.

Nommé en 1912, capitaine au 28e bataillon de chasseurs alpins, il s’y fait remarquer par son activité et notamment, peu de semaines avant la guerre, en traversant, de nuit, avec un détachement, le glacier du Mont-de-Lans, particulièrement dangereux.

D’une énergie à toute épreuve, sévère mais juste, il ne cesse de se préoccuper du sort de ses hommes qui l’adorent et sont décidés à le suivre partout où il voudra les mener, ainsi qu’en témoignent des lettres écrites par eux.

Lorsqu’éclate la guerre de 1914, il est envoyé avec son bataillon, à l’armée des Vosges, où il a laissé sa trace en se signalant par de nombreuses actions d’éclat, au Violu, au Col-du-Bonhomme, à la Tête-de-Faux, et d’autres. A la suite de cette dernière affaire, l est proposé pour la Légion d’honneur ; dans les notes données par le général Sarrade, on trouve ces phrases : « Le capitaine Regnault est le type idéal du soldat vaillant au feu. Il fascine sa troupe ; avec lui, il n’est rien qu’on ne puisse tenter…. Le capitaine Regnault est un héros. La guerre l’a sacré entraineur d’hommes. L’intérêt du pays exige qu’un champ d’action plus vaste lui soit donné pour l’honneur de ses armes ».

Il est nommé chevalier de la Légion d’honneur avec les motifs suivants (Journal officiel du 27 janvier 1915) :

« M. Regnault (J.-L.) capitaine au 28e bataillon de chasseurs : Officier d’une bravoure rare, tacticien habile et heureux, donne les plus beaux exemples d’héroïsme depuis le début de la campagne et accomplit avec succès les missions les plus difficiles et les plus périlleuses »

Tombé glorieusement le 17 avril 1915 au combat de Schnefenrieth (Alsace), il a été l’objet de cette citation inscrite au Journal Officiel du 12 juin 1915 :

« Officier d’une bravoure hors d’éloges, qui s’est dépensé sans compter depuis le début de la campagne ; chargé de nombreuses missions délicates, s’en est toujours acquitté dans la perfection ; le 17 avril, en entraînant dans un élan admirable, deux compagnies à l’assaut d’une position extrêmement fortifiée, a été mortellement frappéà bout portant en arrivant sur les tranchées ennemies ».

Pour rendre hommage aux mérites du capitzaine Régnault et perpétuer sa mémoire, l’administration militaire a décidé de donner à la cote 1025, le nom de « camp Regnault » et d’y placer une plaque commémorative devant la               quelle le 23 septembre 1915, le commandant Coquet a prononcé une allocution patriotique, dont les passages suivants rappellent la carrière du brillant officier :

« Officiers, sous-officiers, caporaux et chasseurs représentants des différents unités du 28e et de la 1ère compagnie, c’est à vous plus particulièrement que je m’adresse.

« Aujourd’hui est l’anniversaire du combat de Sidi-Brahim, la fête traditionnelle des chasseurs à pied. Conformément aux instructions du général commandant la VIIe armée, le lieutenant-colonel commandant la 6e brigade de chasseurs ayant prescrit une prise d’armes des unités disponibles, j’ai pensé que c’était là pour nous une occasion unique de venir rendre les honneurs à ce modeste monument ici placé en mémoire d’un des plus braves et plus brillants officiers du 28e bataillon, le capitaine Regnault, commandant la 1re compagnie, tombé glorieusement le 17 avril 1915……………………

« C’est au capitaine Regnault qu’ira notre première pensée et vous me permettrez de vous retracer brièvement sa belle et trop courte carrière.

« Dès sa sortie de l’Ecole militaire de Saint-Cyr, Régnault était not »é comme un officier d’élite, attaché passionnément à son métier. Il consacrait les loisirs que lui laissait l’instruction de ses hommes au perfectionnement de son instruction militaire personnelle par des stages dans diverses armes, par un voyage d’études au Japon.

« La mobilisation le trouve à la tête de la 1re compagnie du 28e bataillon, et c’est à partir de ce moment qu’il donne sa véritable mesure. Après avoir brillamment commandé sa compagnie dans les premiers combats d’Alsace, il est chargé successivement de plusieurs missions délicates dont il s’acquitte toujours remarquablement. En septembre, il organise et défend les secteurs de Lutschbach et du Lac Blanc. Les 31 octobre et 1er novembre, à la tête de trois compagnies, il enlève les cols et les hauteurs de la Cude, qu’il organise et défend contre de violentes contre-attaques de l’ennemi. Puis le 2 décembre, commandant un détachement de quatre compagnies (deux au 28e et deux au 30e bataillon) il attaque et prend la Tête des Faux, s’y maintient malgré les efforts désespérés tentés par les Allemands pour reprendre cette importante position et malgré les difficultés de toutes sortes.

« Le 25 décembre, avec deux compagnies (1re et 3e), il couvre le flanc gauche du bataillon en occupant le Silberloch et l’Hartmannswillerkopf……………………….

« Après avoir organisé un secteur de la Lauch il participa, par des reconnaissances personnelles et par des travaux exécutés par sa compagnie, à la préparation de l’attaque du Schnepfenried. Et c’est là enfin que, le 17 avril, en plein succès, en abordant la tranchée ennemie en tête de ses hommes, en mettant le pied sur ce sommet d’où il peut apercevoir la riche vallée de Munster, il tombe frappé d’une balle, laissant au 28e, d’universels regrets.

« Chasseurs du 28e, chasseurs de la 1re compagnie, aux heures dangereuses et pénibles qui nous attendent encore, souvenez-vous des héros de Sidi-Brahim, souvenez-vous du capitaine Regnault, de tous vos braves camarades tombés au champ d’honneur et vous trouverez certainement la force de suivre leur exemple, de braver tous les dangers et de supporter toutes les souffrances ».

La dépouille du capitaine Regnault de la Mothe a été inhumée dans le cimetière de Kruth (Alsace), d’où sa famille espère pouvoir le ramener, un jour, dans son pays natal.


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